Le voyage dans le passé d’Alfred Kühn – Chapitre 5

Mon père a 25 ans.

Le premier Puits où il est affecté est le Puits Cuvelette : il y est embauché comme manœuvre tireur de bois, au poste de nuit. À la même période, en Charente, il y a du bouleversement : mon grand-père quitte le conseil municipal, et déménage avec toute la famille Brangier, ma mère et moi, en novembre 1948, pour les Billaux, petite commune près de Libourne, en Gironde ; et mon père est toujours loin de nous, en Moselle ; mais, en décembre 1948, il a pu nous rejoindre pour passer les fêtes de Noël en famille, aux Billaux.

C’est en cette fin d’année 1948 que ma mère a vu, pour la première fois, autant d’argent sur la table : le salaire de mon père qu’il lui donna, tout fier, pour les quelques semaines pendant lesquelles il avait travaillé dans les mines.

Après ces quelques jours de congé, il retourne en Moselle pour travailler et chercher un logement pour nous recevoir. En allant chez un coiffeur, il lui raconte son histoire, (qu’il a une femme et un enfant en Charente et qu’il est à la recherche d’un logement pour nous faire venir). Ce coiffeur lui propose une pièce dans sa maison.

À cette époque, depuis la libération, les habitants avaient l’obligation, pour ceux qui le pouvaient, de libérer une pièce ou chambre pour accueillir les soldats américains. Plus tard, beaucoup de familles avaient une chambre pour les travailleurs qui prenaient pension, et cela leur permettait d’avoir un complément de revenu. Ça s’appelait, en allemand, (ein Kostgägen). Et c’est cette pièce que mon père accepta de prendre en location chez la famille Oyda au 89 Rue de St Avold à l’Hôpital. C’est la petite maison à gauche que nous voyons sur cette carte postale.

Nous sommes arrivés, ma mère et moi, le 3 février 1949, (j’ai marché le 12 février 1949 ! (9 jours après notre arrivée en Moselle). Nous sommes restés pendant 4 mois, de février à mai, dans cette pièce que cette famille nous avait louée. Mais nous étions toujours à la recherche d’un logement auprès de l’entreprise des H.B.L. car ces logements étaient attribués gratuitement au personnel travaillant dans les Mines et, donc, étaient très demandés.

Un copain de travail proposa à mon père de venir habiter dans un des baraquements gratuits et chauffés par les Mines. Après mûre réflexion, mes parents se sont dit : « Il y a d’autres familles qui sont logées comme ça ; pourquoi pas nous ? »

Le 15 mai 1949 nous sommes arrivés dans ces baraquements.

Le Camp Barrois à Merlebach était un ancien camp de prisonniers allemands.

Voici une  baraque pour deux familles.

Cette baraque était partagée au milieu, à chaque côté son entrée avec, comme ameublement, pour chaque famille, un lit et une armoire en fer, une table et quatre chaises. Mes parents se sont acheté un petit fourneau en fonte dont le conduit des fumées passait par le vasistas de la fenêtre.

Un jour, mes parents ont reçu la visite des anciens propriétaires du logement de l’Hôpital. Mon père et ma mère furent honteux de les recevoir et de leur montrer la situation dans laquelle ils vivaient. Cette famille proposa alors à mes parents de leur louer un deux pièces à la même adresse ; ce qu’ils acceptèrent ; et nous voila de retour à l’Hôpital, en octobre/novembre 1949. Nous y somme restés jusqu’en décembre 1956. Entre temps, dans la maternité des mines à Creutzwald en Moselle nous est née le 1er mai 1951 une petite fille : Roseline.

Le premier retour dans le Sud Ouest, pour mes parents avec leurs deux enfants, fut pour les congés de juillet 1951 à Carbon-Blanc en Gironde ; où mes grands-parents avaient acheté, en février/mars 1950, une petite propriété viticole.

Premières vacances à Carbon-Blanc

Suite à un accident, mon père fut muté du fond de la mine au jour, du 26 mars 1962 au 1er avril 1963, au Puits Vouters, comme manœuvre journalier. Il préparait les berlines de matériel pour le fond. Comme le salaire n’était pas celui du fond, il demanda à redescendre. Il fut muté au Puits Reumaux, à l’exploitation, comme piqueur.

Le 29 Décembre 1970, avec une ancienneté de 21 ans et 2 mois, il termina sa carrière aux H.B.L. comme conducteur de Bure. Bure est un petit Puits entre deux étages où transite le matériel destiné à l’exploitation.

En 1970 / 71 les H.B.L. favorisaient le départ en retraite pour les plus anciens et la reconversion pour les plus jeunes. Mon père, âgé de 48 ans et avec 21 ans de service, choisit la reconversion avec le rachat des avantages en nature et une prime. Il prend cette décision de quitter les H.B.L. pour deux raisons :

La première raison :
Mes parents, qui voulaient rejoindre leur fille et leur gendre qui s’étaient mariés en 1969 en Moselle et qui s’étaient établis à Carbon-Blanc chez la Grand-mère, déménagèrent en janvier 1971 : Ils quittèrent la cité des chênes à Homboug-Haut en Moselle, pour habiter avec leur fille à Carbon-Blanc chez Madame Brangier notre Grand-mère.

La deuxième raison :
Mon père a perdu 8 années de vie professionnelle pour sa retraite : Les 2 années passées en apprentissage, 2 années dans la marine allemande et les 4 années de prisonnier de guerre. Pour récupérer ces 8 années perdues, il faut qu’il cotise au minimum 2 années dans une caisse allemande. C’est ce qu’il fait : Il laisse ma mère avec sa fille à Carbon-Blanc et part en Allemagne pour se faire embaucher chez Michelin à Homboug en Sarre en mars 1971 comme magasinier, jusqu’en mars 1973.

Pour Pâques 1973, il prend quelques jours de vacances à la montagne, dans les Pyrénées, à la Mongie.

Il y rencontre une famille allemande : il entame la conversation en allemand avec ces gens dont le monsieur est sous-directeur à l’usine Ford de Bordeaux. Cet homme le fait embaucher chez Ford comme magasinier en juillet 1973 et ce jusqu’en 1979.

À suivre…

From the personal collection of Alfred Kühn

Updated 12 September 2020

Willi commented on this photo*.

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The smoking destroyer on the picture is definitly NOT the Z24!

According to my sources it is it the burning and sinking Z26, after a battle with the British cruiser Trinidad on 29th of March 1942. It is taken for example from the book Verdammte See by Cajus Bekker, also in the book Zerstörer unter deutscher Flagge by Wolfgang Harnack (I met him personally in Wilhelmshaven two years ago to hand over the T24 documents).

If you want to have absolutely truth on our blog, you should correct the designation text of this photograph.

Willi


Original post

These photos are part of Alfred Kühn’s collection.

Here we see the end of the destroyer Z24* on August 24, 1944.

Z26*

Here Alfred Kühn is seen in the middle with two friends. The photo was probably taken in Norway.

Here is his friend Hans Offizier who was an Obergefreiter.

He survived and was member of the 2nd company of the Bataillon Narvik  at AF Gironde Süd.  (POW – list of April 20, 1945)

We will talk about him later. He was a sailor on the destroyer Z24.

Alfred Kühn

Alfred Kühn is on the left. The other sailor is unknown.


This is Joseph Küpper. He was an Obergefreiter  (engineering troops). He is not found in the list of the POWs of Depot 184

Never seen before photo of the Z24.

Again this is Joseph Küpper.

Torpedoboot T24 probably taken from the Z24. This photo would have been taken at Brest.

De la collection personnelle d’Alfred Kühn

Mise à jour 12 septembre 2020

Z26*

Le destroyer sur la photo n’est certainement PAS le Z24 !

Selon mes sources, il s’agit du Z26 qui a brûlé et coulé, après une bataille avec le croiseur britannique Trinidad le 29 mars 1942. La photo est tirée par exemple du livre Verdammte See de Cajus Bekker, également dans le livre Zerstörer unter deutscher Flagge de Wolfgang Harnack (je l’ai rencontré personnellement à Wilhelmshaven il y a deux ans pour lui remettre les documents du T24).

Si vous voulez avoir la vérité absolue sur notre blog, vous devez corriger le texte de désignation de cette photographie.

Willi


Article original

Voici de nouvelles photos de la collection d’Alfred Kühn. Elles sont partagées par son fils Manfred.
Voici une photo de la fin du Z24* le 24 août 1944.
Ici, Alfred Kühn est au centre avec deux copains. La photo est probablement prise en Norvège.

 

Voici Hanz Offizier, un marin du destroyer Z24. Il était un ami d’Alfred.
Ici, nous voyons Alfred Kühn.
Alfred est à gauche, un marin inconnu est à droite.
Joseph Küpper était un marin. Je n’ai pas d’autres informations.
Un rare photo du destroyer Z24.

Une autre photo de Joseph Küpper

Le torpedoboot T24 vu probablement du Z24.

Die Reise in die Vergangenheit von Alfred Kühn – Kapitel 4

Alfred Kühn travailleur libre en 1947

Es entwickelt sich eine leidenschaftliche Liebesbeziehung zwischen dem Kriegsgefangenen Alfred Kühn und der Tochter von Herrn Brangier.

 Hier ein Foto aus dem Jahr 1947. Mein Vater und die Tochter von Herrn Brangier (die meine Mutter wird) schneiden Schinken.

Die Liebesbeziehung der beiden jungen Leute hat Folgen: am 20. Januar 1948 schenkt die Tochter von Herrn Brangier einem Jungen das Leben. Das Kind bekommt den Namen Manfred René Brangier. Dieses Kind bin ich, ein Nachkriegskind. Mein Geburtsname ist Brangier, da zum Zeitpunkt meiner Geburt meine Eltern noch nicht verheiratet waren. Sie holen das nach und heiraten am 18. Februar 1948 im Rathaus von Berneuil. Seit diesem Datum trage ich den Namen Kühn.

Fam Kühn 1948 Barabo

Nach diesen Ereignissen arbeitete mein Vater vom 15. Mai 1948 bis zum 15. September 1948 als sogenannter „Freier Arbeiter“ bei der Familie Pondarré in der Landgemeinde Condéon (Dept. Charente). Zu dieser Zeit hatten ehemalige deutsche Kriegsgefangene, die zwei Jahre lang eine Arbeit als „Freier Arbeiter“ abgeleistet hatten, das Recht, nach Deutschland zurückzukehren. Dabei übernahm der franz. Staat die Kosten für die Aufwendungen, die die deutschen Kriegsgefangen hatten, um ihre Familie wieder zu finden und zurückzukehren.

Certificat justificatif

Beiliegend die Kopie einer Bescheinigung, dass mein Vater die geforderte Zeit von 2 Jahren abgeleistet hatte und nach Deutschland zurückkehren durfte, um seine Familie zu suchen.

Im September 1948 machte sich mein Vater auf den Weg nach Deutschland. Aber was für ein Abenteuer war das damals! „Der deutsche Kriegsgefangene kehrt nach Deutschland zurück und läßt eine junge Französin mit einem Kind in der Charente zurück!“ Das ganze Dorf war überzeugt, dass er nicht wieder zu seiner jungen Familie zurückkehren würde.

Seine Heimatstadt Leipzig war von den Kriegseinwirkungen völlig zerstört und lag zudem in der sowjetisch besetzten Zone. Eine Rückkehr dorthin war sehr schwierig, ja praktisch unmöglich. Daher besuchte mein Vater die Familie HASEBRINK in Stuttgart. Der Sohn der Familie HASEBRINK war ebenfalls Funker wie mein Vater und war auf dem Schiff der beste Freund meines Vaters: als in der Nacht vom 25. auf den 26. April 1944 ihr Schiff von dem Zerstörer “Haida” angegriffen und die Funkkabine von einem Granatentreffer völlig zerfetzt wurde starb sein Kamerad direkt neben ihm.

Von dieser Granate wurde mein Vater schwer verwundet und es verblieben Granatsplitter in seinem ganzen Körper.

Nach der Reise nach Stuttgart kehrte mein Vater wieder zurück in die Charente zu seiner Frau und seinem kleinen Jungen, die in dem Weiler Barabeau in Berneuil geblieben waren.

Da er kein Landwirt war, war es für meinen Vater schwierig auf dem Bauernhof zu bleiben und die junge Familie zu ernähren.

Zu Beginn des Krieges, von 1939 bis 1940, waren deutsche Flüchtlinge von der oberen Mosel, die Familien Kihl und Weyland aus Metzing bei meinen Großeltern Brangier untergebracht worden. Unter den Flüchtlingen in den umliegenden Dörfern befand sich ein Mann, der vor dem Krieg bei der H.B.L. (Houillères du Bassin de Lorraine) als Direktor gearbeitet hatte. Von diesem Bekannten bekam mein Vater die Information, dass in den Kohlebergwerken im Departement Moselle Arbeiter gesucht wurden. Dorthin zu gehen war seine Chance! Aber wie sollte das gehen mit einer Frau und einem kleinen Kind? Meine Mutter und mein Vater besprachen sich und trafen gemeinsam die schmerzhafte Entscheidung, dass mein Vater zunächst alleine auf Arbeitssuche gehen sollte.

Am 1. Oktober 1948 kam er in Merlebach an. Zu diesem Zeitpunkt waren in den Gruben große Streiks im Gange: Es gab keine Arbeit! Durch deutsche Freunde, die er vor Ort kennenlernte, konnte er in der Kantine essen und in den Schlafsälen der H.B.L. in der Bois-Richard-Siedlung in L’Hôpital schlafen (L’Hôpital ist kein Krankenhaus, sondern der Name eines  Ortes in der Nähe von Merlebach).

Und dann klappte es doch noch: Am 23. Oktober 1948 wurde mein Vater in den Kohlebergwerken von Merlebach eingestellt!

The Journey into the Past of Alfred Kühn – Chapter 4

Alfred Kühn travailleur libre en 1947

A love and passion relationship is born between the prisoner Kühn Alfred and the daughter of Mr. Brangier.

A passionate love affair is developed between the prisoner Kühn Alfred and Mr. Brangier’s daughter. Here is a photo taken in 1947. My father and Mr Brangier’s daughter (who will become my mother) are cutting hams in 1947.

A boy is born on January 20, 1948. I am named Brangier Manfred René. I am one of the post-war children. I do not bear the name of Kühn because my parents are not married. They were united at the town hall of Berneuil on February 18, 1948, and it is from this date on that I bear the name of Kühn.

Fam Kühn 1948 Barabo

After all these events, my father went to work as a free worker in the Pondarré family in the Terron Commune of Condéon (Charente), from May 15, 1948 to September 15, 1948. At that time, German free workers who could justify two years of work had the right to return to Germany with all expenses paid to find their family.

Certificat justificatif

Enclosed is a copy of a certificate proving a period of work which contributed to my father’s return to Germany so that he could see his family again.

 

In September 1948, my father returned to Germany. What an adventure it was at the time! “The German prisoner returned to Germany, leaving a young French woman with a child in Charente! “

The whole village is convinced that he won’t return.

Unable to enter Leipzig because the city was destroyed and closed, he went to see the HASEBRINK family in Stuttgart, a family whose son, my father’s best friend, was killed next to him when their ship was attacked on the night of April 25-26, 1944, by the destroyer “Haida”. A shell had damaged the radio cabin.

It was in that attack that my father was wounded and that he kept shell fragments in his body.

After this stay in Germany, my father returned to Barabeau commune of Berneuil and reunited with his wife and his little boy. However he was not able to stay with his family and, what’s more, he was not a farmer.

At the beginning of the war, Moselle refugees, the Kihl family and the Weyland family from Metzing, had been welcomed in Charente by the Brangier family, my grandparents, from 1939 to 1940. Among the refugees in the surrounding villages one, before the war, worked as one of the directors of the H.B.L. (Houillères du Bassin de Lorraine). It was through this relationship that my father was informed that there was work in the coal mines in Moselle. We had to leave! But what to do with a wife and a child? By mutual agreement with my mother, my father made the painful decision to leave alone, first, to find work. He arrived in Merlebach on October 1, 1948, but the large strikes of 1948 were on. No work! But, through German friends he met on the spot, he was able to eat in the canteen and sleep in the dormitories of the H.B.L. in the Bois Richard housing estate, at L’Hôpital (L’Hôpital is not a hospital establishment but it is the name of a town near Merlebach).

He was then hired in the coal mines of Merlebach on October 23, 1948.

To be continued…

Le voyage dans le passé d’Alfred Kühn – Chapitre 4

Alfred Kühn travailleur libre en 1947

Une aventure amoureuse et passionnelle naît entre le prisonnier Kühn Alfred et la fille de Monsieur Brangier. Voici une photo datant de 1947. Mon père et la fille de Monsieur Brangier (qui deviendra ma mère) découpent des jambons en1947.

Un garçon naît le 20 Janvier 1948. Je suis nommé Brangier Manfred René. Je fais partie des enfants d’après-guerre. Je ne porte pas le nom de Kühn parce que mes parents ne sont pas mariés, Ils s’unirent à la mairie de Berneuil le 18 février 1948, et c’est à partir de cette date que je porte le nom de Kühn.

Fam Kühn 1948 Barabo

Après tous ces évènements, mon père est allé travailler comme travailleur libre dans la famille Pondarré au Terron Commune de Condéon (Charente), du 15 Mai 1948 au 15 Septembre 1948. À cette époque, les Allemands travailleurs libres pouvant justifier de deux années de travail, avaient le droit de retourner en Allemagne tous frais payés pour retrouver leur famille.

Certificat justificatifCi-joint une copie d’un certificat justifiant d’une période de travail qui contribua au retour en Allemagne de mon père pour qu’il puisse revoir sa famille.

En septembre 1948, mon père retourne donc en Allemagne. Quelle aventure à l’époque ! « Le prisonnier allemand retourne en Allemagne en laissant en Charente une jeune femme française avec un enfant ! » Tout le village est persuadé qu’il ne reviendra pas.

Ne pouvant pas entrer à Leipzig, car la ville était détruite et fermée, il partit voir la famille HASEBRINK à Stuttgart, une famille dont le fils, qui était le meilleur copain de mon père, fut tué à côté de lui lorsque leur bateau est attaqué dans la nuit du 25 au 26 avril 1944 par le destroyer « Haida » et qu’un obus a endommagé la cabine radio.

C’est dans cette attaque que mon père a été blessé et qu’il a gardé des fragments d’obus dans son corps.

Après ce séjour en Allemagne, mon père revint à Barabeau commune de Berneuil et retrouva toute la famille, son épouse et son petit. Mais il n’a pas pu rester dans la famille et, en plus, il n’était pas cultivateur.

Au début de la guerre, des réfugiés mosellans, la famille Kihl et la famille Weyland de Metzing, avaient été accueillis en Charente chez la famille Brangier mes grands-parents, de 1939 à 1940. Parmi les réfugiés dans les villages aux alentours l’un, avant la guerre, travaillait à la direction des H.B.L. (Houillères du Bassin de Lorraine). C’est par cette relation que mon père a été informé qu’il y avait du travail en Moselle dans les mines de charbon. Il fallait partir ! Mais comment faire avec une femme et un enfant ? D’un commun accord avec ma mère, mon père prit la douloureuse décision de partir seul, en premier, pour trouver du travail. Il arriva le 1er octobre 1948 à Merlebach, mais les grandes grèves de 1948 étaient déclenchées. Pas de travail ! Mais, par l’intermédiaire de copains allemands rencontrés sur place, il a pu manger à la cantine et dormir dans les dortoirs des H.B.L. à la cité Bois Richard, à l’Hôpital. (L’Hôpital n’est pas un établissement hospitalier mais c’est le nom d’une ville près de Merlebach).

Il fut ensuite embauché dans les mines de charbon de Merlebach, le 23 octobre 1948.

À suivre…

Die Reise in die Vergangenheit von Alfred Kühn – Kapitel 3

T24 torpedoboat

Torpedoboot T24

Das Torpedoboot T24

Nachdem mein Vater Alfred Kühn am 24. August 1944 von den Alliierten bombardiert worden war, wurde er von einem der Rettungsboote, die an der Mündung der Gironde stationiert waren, geborgen. Es gab 172 Überlebende von insgesamt 211 Seeleuten. Es gab 38 Schwerverletzte, 33 Leichtverletzte, 5 Leichtverletzte und 96 Nichtverletzte). 39 Seeleute wurden getötet.

Die Überlebenden von T24 wurden an Land gebracht. In der ersten Nacht verbrachte die Besatzung  in einem Hangar auf dem Dock. Am nächsten Tag wurden sie in die Festung Pointe de Grave verlegt, um die verschiedenen Stellungen zu verstärken.

Der Zerstörer Z24, der am selben Tag wie das T24 bombardiert worden war, sank am nächsten Tag. Die Überlebenden wurden auf dem Fussballplatz von Saint-Vivien de Médoc an Land gebracht, wo sie die Nacht verbrachten. Sie wurden dann auch in die Festung von Pointe de Grave verlegt.
Nach der Ausbildung wurden die Besatzungen von T24 und Z24 zum (SeeBataillon NARVIK) Marinebataillon NARVIK ernannt.

Am 20. April 1945 kapitulierte die gesamte deutsche Garnison und wurde in ihrer eigenen Festung gefangen genommen.

Depot 184 in Soulac

Es war in diesem Lager, als mein Vater mit zwei Freunden nach Spanien floh. Nach Informationen, die im Lager kursierten, bestand die Möglichkeit, Deutschland über Spanien zu erreichen.

Keine Chance

Sie wurden an der spanischen Grenze wieder gefangen genommen und in das Depot 94 in Angoulême zurückgebracht. Von diesem Lager aus gingen die Häftlinge zur Arbeit an verschiedene Orte. Da er auf der Flucht war, wurde er nach Chasseneuil in der Charente überstellt. Er war einer von sechzig deutschen Kriegsgefangenen, die in einem Kommando in Chasseneuil organisiert waren, Mit Schaufel und Spitzhacke, mischte Beton oder hob riesige Blöcke mit einem Gewicht von mehr als 2 Tonnen”. Sie begannen mit der Arbeit und hoben die Steine auf eine Höhe von 21 Metern.

Gigantische Arbeit! Gebaut im Gedenken an die Helden des Widerstands.

Es war sehr harte Arbeit: Die schwächsten Häftlinge konnten nicht mithalten, ihr Gesundheitszustand erlaubte es ihnen nicht einmal, eine Zigarette zu rauchen: Zigaretten führten oft zu ihrem Tod. Sie konnten also nicht rauchen. Mein Vater erzählte mir, dass er dank der Kinder, die ihm Trauben gaben, aus dieser Situation herauskam. Es gab Reben hinter einem Zaun, der sie von der Aussenwelt trennte. Er war von Granatsplittern aus einem früheren Bombenangriff am Arm getroffen worden. Er war auf seinem Boot behandelt worden, und die Wunde an seinem Arm war vorerst zugewachsen.

Durch diese Sklavenarbeit kam das Schrapnell heraus. Da er arbeitsunfähig war, schickten ihn die Lagerbeamten in das Lager in Angoulême, um ihn zu behandeln.

Nach seiner Genesung nahm er seine Arbeit wieder auf, diesmal auf Bauernhöfen in der Region. Mein Vater und mehrere Gefangene wurden in die Dörfer gebracht: Im Prinzip auf den Hauptplatz des Dorfes, und dorthin kamen die Bauern aus der Umgebung, um ihre Arbeitskraft abzuholen. Mein Vater war auf einem Bauernhof in Baigne, wo er unter der Aufsicht des mit einem Gewehr bewaffneten Bauern arbeitete.

Später auf einem Bauernhof in Jarnac: (in Sigogne bei der Familie Peynaud) wurde er sehr gut behandelt, denn der Sohn von Herrn Peynaud war in Deutschland in Gefangenschaft gewesen. Er war gerade entlassen worden und wusste, dass es sehr schwer ist, in einem anderen Land gefangen zu sein und weder die Sprache noch die Sitten zu kennen. Er hat diese Situation erlebt und uns davon erzählt, seinem Sohn Michel und mir. Wir hatten immer über unsere Eltern Kontakt zu Michel, als wir jung waren, und wir haben ihn beibehalten.

Herr Peynaud rettete das Leben meines Vaters und vor allem meins, wie er uns erzählte, denn eines Tages fand Herr Peynaud, der meinen Vater suchte, ihn nicht auf dem Bauernhof. Da Herr Peynaud die Bräuche der jungen Leute des Dorfes kannte, suchte er seinen Gefangenen im Café, da es damals Brauch der jungen Schläger war, die Deutschen zum Trinken zu bringen, sie betrunken zu machen und mit ihnen zu kämpfen. Die Deutschen, die nicht an den Pineau charentais gewöhnt waren, kämpften manchmal bis zum Tod. Unter diesen Bedingungen wären mehr als einer getötet worden. Wie dem auch sei: “Er war nur ein Gefangener!”

Als ich meinen Vater sehr betrunken sah und wusste, was ihm passieren könnte, sagte Herr Peynaud zu ihm: “Geh nach Hause! Es gibt Arbeit zu erledigen!”

Die Bauern durften die Gefangenen nicht zu lange behalten: Sie mussten nach einer bestimmten Zeit ins Lager zurückgebracht werden, und man durfte sich nicht mit ihnen anfreunden.

4 Beispiele für Post, Kriegsgefangenen-Korrespondenz, die in Französisch und Deutsch vorgedruckt war, wird vom Roten Kreuz in Deutschland an deutsche Familien verteilt, die einen Gefangenen in Frankreich hatten. Diese Kriegsgefangenen-Korrespondenz gab es auch für französische Kriegsgefangene, die in Deutschland inhaftiert waren.

correspondance de prisonier de guerre du 20 07 1946Correspondance des prisoniers de guerre 2 du 20 07 1946

Korrespondenz vom 20. Juli 1946: Eine Bekannte meines Vaters.

Correspondance des prisoniers de guerre B1 du 28 09 1946Correspondance des prisoniers de guerre B2 du 28 09 1946

Korrespondenz vom 28. September 1946

correspondance de prisonier de guerre du 25 12 1946

Korrespondenz vom 25. Dezember 1946

Correspondance des prisoniers de guerre C1 du 11 04 1946Correspondance des prisoniers de guerre C2 du 11 04 1946

Korrespondenz vom 11. April 1947

Am 3. Februar 1947 wird der Häftling Alfred Kühn mit der Nummer 833.895 im Depot n°94 von Angoulème der 4. Region mit anderen Häftlingen auf den Hauptplatz von Bernauil gebracht, einem kleinen Dorf in der Charente, wo die Bauern der Umgebung kamen, um den oder die Häftlinge ihrer Wahl abzuholen. Herr Brangier, mein Grossvater, wählte den Gefangenen Alfred aus, um auf seinem Bauernhof in der Gemeinde Barabeau in Bernuil zu arbeiten. Herr Alfred Kuhn arbeitete dort als Häftling bis zum 26. September 1947 und dann als freier Arbeiter bis zum 1. Oktober 1948.

Fortsetzung folgt…

The Journey into the Past of Alfred Kühn – Chapter 3

T24 torpedoboat

Torpedo boat T24

Torpedo boat T24

After being bombed by the Allies on 24 August 1944 at about 7 p.m., my father Kühn Alfred was rescued by one of their lifeboats stationed at the mouth of the Gironde River. There were 172 survivors out of a total of 211 sailors. Of these, 38 were seriously wounded, 33 were moderately wounded, 5 were slightly wounded and 96 were able-bodied). 39 sailors were killed.

The survivors of T24 were brought ashore. The first night, the crew spent it in a hangar on the quay. The next day they were transferred to the Pointe de Grave fortress to reinforce the various positions.

As for the Z24, which had been bombed on the same day as the T24, it also sank on August 24, but a little before midnight. The survivors were taken ashore where they spent the night. They were then also transferred to the Pointe de Grave fortress.

After training, the crews of the T24 and Z24 became (SeeBataillon NARVIK) Naval Battalion NARVIK.

On 20 April 1945, the entire German garrison surrendered and was taken prisoner in their own fortress.

Depot 184 in Soulac

It was in this camp that my father fled with two friends to Spain. According to information circulating in the camp, there was a possibility of reaching Germany via Spain.

No luck
They were recaptured at the Spanish border and brought back to depot 94 in Angoulême. From this camp, the prisoners left to work in different places. As he was a fugitive, he was transferred to Chasseneuil in Charente. He was one of sixty German POWs organized in a commando at Chasseneuil, “with shovel and pickaxe, mixing concrete or hoisting enormous blocks weighing more than 2 tons. They began the work, raising the stones to a height of 21 metres.

Gigantic work! Built in memory of the heroes of the resistance.

It was very hard work: the weakest prisoners couldn’t keep up, their state of health didn’t even allow them to smoke a cigarette: cigarettes often led to their death. So they could not smoke. My father told me that he got out of it thanks to children who gave him grapes. There were vines behind a fence that separated them from the outside world. He had been hit in the arm by mortar shrapnel from a previous bombing. He had been treated on his boat, and his arm was consolidated.

Through this slave labor, shrapnel came out. Unable to work, the camp officials sent him to the camp in Angoulême to treat him.

After his recovery, he resumed work, this time on farms in the region. My father and several prisoners were taken to the villages: in principle to the main square of the village and it was there that the farmers from the surrounding area came to take their labour. My father was on a farm in Baigne where he worked under the supervision of the farmer armed with a rifle.

Later, in a farm in Jarnac: (in Sigogne with the Peynaud family), he was very well treated because Mr Peynaud’s son had been a prisoner in Germany. He had just been released and knew that it was very hard to be a prisoner in another country and to know neither the language nor the customs. He experienced this situation and told us about it: to his son Michel and to me. We always had contact with Michel through our parents when we were young and we kept it.

Mr. Peynaud saved my father’s life and especially mine as he told us, since one day Mr. Peynaud who was looking for my father, did not find him at the farm. As Mr. Peynaud knew the customs of the young people of the village, he went to look for his prisoner in the café, since at the time, the custom of young thugs was to make the Germans drink, get them drunk, and fight with them. The Germans, who were not used to the pineau charentais, sometimes fought to the death. More than one would have been killed in those conditions. In any case: “He was only a prisoner! »

Seeing my father very drunk and knowing what could happen to him, Mr. Peynaud said to him: “Go home! There’s work to do! »

The farmers were not allowed to keep the prisoners too long: they had to be brought back to the camp after a certain period of time, and they were not to be befriended.

4 examples of mail, prisoner of war correspondence, which was pre-printed in French and German is distributed by the Red Cross in Germany for German families who had a prisoner in France. This prisoner of war correspondence also existed for French prisoners of war held in Germany.

correspondance de prisonier de guerre du 20 07 1946

Correspondance des prisoniers de guerre 2 du 20 07 1946

Correspondence of 20 July 1946: An acquaintance of my father.

Correspondance des prisoniers de guerre B1 du 28 09 1946

Correspondance des prisoniers de guerre B2 du 28 09 1946

Correspondence of September 28th, 1946

correspondance de prisonier de guerre du 25 12 1946

Correspondence of December 25th, 1946

Correspondance des prisoniers de guerre C1 du 11 04 1946

Correspondance des prisoniers de guerre C2 du 11 04 1946

Correspondence of April 11th, 1947

On February 3, 1947, prisoner Kühn Alfred with the number 833.895 at the depot n°94 of Angoulème of the 4th region with other prisoners are brought to the main square of Berneuil, a small village in Charente where the farmers of the surroundings came to get the prisoner(s) of their choice. Mr. Brangier, my grandfather, chose the prisoner Alfred, to work on his farm at Barabeau commune of Berneuil. Mr. Alfred Kuhn worked there as a prisoner until September 26, 1947 and then as a free worker until October 1, 1948.

To be continued…

Resume of 40th Anniversary Commemorative Escorted Tour to England and France  

These PDFs files are part of Alfred Kühn’s collection of memorabilia. His son Manfred has been sharing most of all he has about his father who was a sailor aboard the T24.

Association Athabaskan 23 April to 8 May 1984 Page 1

Association Athabaskan 23 April to 8 May 1984 Page 2

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Les souvenirs de guerre d’Alfred Kühn

Voici un des souvenirs de guerre d’Alfred Kühn, marin sur le T24.

Photo d'une toile Athabaskan

C’est la photo d’une toile.

La photo lui a été offerte par Émile Beaudoin probablement lors d’une des cérémonies commémoratives à Plouescat.

Journée commémorative franco-canadienne

Marin Kühn Alfred

Alfred Kühn

Extrait de l’histoire d’Alfred Kühn écrite par son fils Manfred

Dans la nuit du 28 au 29 Avril 1944, à 2h 58 est détecté sur les écrans radars deux torpedoboote (torpilleurs) allemands étant identifiée comme les T24 et T27. Ironie du sort, ces deux navires allemands ne sont autres que les T24 et T27 qui, trois nuits auparavant, se sont fait sérieusement étriller par les alliés dont le Haida au large des Sept-Îles. Au cours de cet engagement, la Kriegsmarine a même perdu son T29 tandis que les T24 et T27 se réfugiaient à Saint-Malo, assez sérieusement endommagés. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont repris la mer cette nuit du 28 au 29 avril et font route sur Brest, le seul port rapproché où ils trouveront la possibilité de réparer leurs avaries.

T24 torpedoboat 1

T24

Devant Brignogan et Plouescat les destroyers canadiens Haïda et Athabaskan engagent le combat contre les deux destroyers allemands.

hmcs_athabaskan_g07

HMCS Athabaskan

Soudain l’Athabaskan est touché, ravagé par le feu et les explosions, il coula en 10 minutes devant l’Aberwrac’h.

Haida

Image tirée du livre Unlucky Lady

Le Haïda recueille quelques survivants, d’autres seront faits prisonniers, d’autres encore s’échappent vers l’Angleterre à travers la zone minée. Quelques jours après la mer rejette des dizaines de cadavres de ces marins dont celui du commandant John Stubbs.

Lieutenant-Commander-John-Stubbs

Ils seront ainsi 59 à être recueillis et inhumés au cimetière de Plouescat.

cimetière

48 survivants ont été repêchés et sauvés par le T24, le bateau de mon père.

Quand il a reçu le message faisant état « d’hommes noirs » à la mer à l’endroit où Athabaskan a coulé, le Kapitänleutnant Wilhelm Meentzen a fait augmenter l’allure.

Capitaine T 24 Wilhen Meentzen

« Peu importe leur couleur, dit-il, ce sont des êtres humains et nous allons les sauver. »

Et lorsqu’il arrive sur les lieux, il découvre bien vite que ces « hommes noirs » ne sont en fait que des hommes englués de mazout. Le prompt retour des Allemands sur la zone du torpillage va permettre de sauver nombre de naufragés qui auraient péri dans l’heure suivante. Ils vont être faits prisonniers, c’est un fait, mais ils auront tous la vie sauve.

« Wilkommen Kameraden ! » « Bienvenue camarade »

C’est en ces termes que les Canadiens sont accueillis à bord des navires allemands. Entre marins, il existe toujours une solidarité qui se moque bien des pavillons. Et eux aussi, tout comme ceux du Haida, ils vont descendre le long des filets qui pendent à leurs coques afin d’aider les plus faibles. Pareille attitude porte un nom quand on fait la guerre ; cela s’appelle tout simplement chevalerie.

Suite du récit raconté par Alfred à son fils:

La flottille du T24 et T27 lors du passage de Saint-Malo à Brest entre minuit et 4 heures du matin, il y avait plusieurs bateaux américains, anglais et canadiens dans les parages et au début du combat nous ne savions pas quels navires approchaient pour nous attaquer. L’artillerie et les torpilles furent employées ; les torpilles lancées par le T27 passèrent près de nous et nous vîmes par la ligne de phosphore dans l’eau le mouvement des torpilles.

Le T27 qui était à côté de nous était touché et il brûlait sur le côté droit. Il est passé de nouveau à côté de nous.

Notre navire se tourna vers la mer…. vers 4 heures 15 nous vîmes une explosion, mais nous ne savions pas quel bateau avait été touché ; ça pouvait être un des nôtres ou un des leurs. Vers 5 heures trente, nous retournons sur les lieux du combat, il est 6 ou 7 h, nous vîmes des hommes en mer. Le Capitaine Lieutenant Wilhem Meentzen donna l’ordre de faire le sauvetage. Nous préparons donc le bateau pour le sauvetage, ce qui était difficile, car à ce moment-là nous étions seuls sur la mer, l’autre bateau, le T27 s’était échoué sur la côte. Lorsque nous nous approchons des naufragés, nous constatons qu’ils étaient noirs. Au début, nous crûmes qu’il s’agissait de personnage africains, mais nous réalisons que c’étaient des blancs recouverts de mazout. Nous leur avons d’abord nettoyé le visage, les mains et leur avons enlevé leurs vêtements. Nous leur avons aussi fait cracher le mazout qu’ils avaient avalé. Nous en avons rescapé 48, je suis sûr, qu’il y en avait un qui était malade, et un autre, un jeune est mort sur notre bateau.

Dans le cahier journalier du Lieutenant commandant Dunn Lantier du Destroyer Canadien Athabaskan rescapé et sauvé par le T24 est rapporté ce qui suit :

29 Avril 1944 :

Aux environs de 7 heures 15 je suis recueilli à bord d’un destroyer et emmitouflé dans une couverture. Nous sommes 48 rescapés. Nous nous frottons tous car nos habits étaient trempés. Les blessés graves étaient également emmitouflés dans des couvertures. Du café allemand, des cigarettes étaient distribuées, ces provisions étaient suffisant pour cette première heure. Dans la première demi-heure un des blessés décède, il nous est emmené sur une couverture. Les allemands soignent nos blessés du mieux qu’ils le peuvent, la plupart étaient brûlés, il n’y avait pas grand-chose à faire, ils résistaient à la douleur. Il faut souligner que nous étions tous sous le choc de la catastrophe puisque nous avions passé plus de deux heures dans l’eau glacé de la mer. Vers 11 h le capitaine du bateau nous apporta une bouteille d’alcool « weinbrand » pour les grands blessés, je leur ai donnés un grand coup à boire, et nous autre un petit pour goûter. Devant trois officiers Steve (Dick Stevenson) qui est gravement brûlé et a eu un grand coup à la tête. Nobby (Bill Clark) brûlé aux mains au 3ème degré et légèrement brûlure au visage. Moi également je suis blessé une coupure à un doigt, je réconfortais mes copains tout en sachant qu’il n’y avait pas grand-chose à faire. Aux environs de 12 h 30 on nous apporta de la soupe et du pain. Vers 14h 30 on nous dit d’ouvrir les hublots, nous vîmes un remorqueur se rapprocher, et ils nous font savoir que dans une heure nous débarquons à Brest.

Dans cet affrontement le T27 après avoir était touché à trois reprises, va s’échouer sur les récifs de l’île de Batz !

Le 29 avril 1944, le destroyer canadien Athabaskan était coulé par les Allemands au large de l’Île Vierge (Finistère). 128 des 261 marins périrent. 85 survivants, dont le canonnier de 21 ans, Herman Sulkers, brûlé au visage, furent capturés par la Kriegsmarine et conduits à l’Aber-Wrac’h, plus les 48 survivants recueillis par le T24.

Herman Sulkers