Les souvenirs de guerre d’un marin allemand – Chapitre quatre: 24 août 1944, la fin du Z24 et du T24

Mise à jour 19 juillet 2020

La découverte de documents officiels provenant de la collection de Kühn Alfred nous permet d’en savoir plus sur ce qui s’est vraiment passé lors du naufrage du T24 et du Z24. Après relecture de ce que nous avons écrit dan le chapitre 4, nous allons indiquer graduellement les passages où les informations contenues dans cet article seront modifiées tout en gardant ce qui avait été écrit auparavant par différents auteurs.


 

24 août 1944

Voici la suite de l’histoire d’un marin allemand telle que racontée par son fils Willi. Son père Wilhelm Küllertz n’a pas tellement parlé de l’attaque des Beaufighters qui coulèrent le torpilleur T24.

Dans l’estuaire de la Gironde, les deux navires sont apparus plusieurs fois ensemble. En raison de la pénurie de carburant et des dommages non réparés causés par différentes attaques depuis le 29 avril 1944, les deux navires ont été utilisés pour se protéger contre les raids aériens sur la région de Royan et du Verdon comme navires antiaériens flottants. Après l’évacuation de Bordeaux en août 1944, les forteresses de la Gironde-Nord (Royan) et de la Gironde-Sud (Le Verdon) se forment et le 24 août 1944, le T24 et le Z24 sont de nouveau en attente dans l’estuaire de la Gironde. Ils ont subi une autre attaque aérienne sérieuse de la part de deux escadrons du Coastal Command, le 404e Escadron de l’ARC et le 236e Escadron de la RAF. Les navires ont été attaqués par un total de 18 Beaufighter. Ce fut l’une des premières attaques à la roquette de l’histoire, au cours de laquelle le T24 reçut quelques coups sous la ligne de flottaison et coula immédiatement. Le Z24, a également pu atteindre Le Verdon mais a coulé plus tard dans la nuit. Il y a eu beaucoup de morts et de blessés. Cependant, la flottille de protection du port a pu sauver la plupart des marins. Wilhelm Küllertz a survécu à l’attaque sans subir de blessures graves et il a réussi à s’échapper à temps du bateau qui coulait. Aussi de la mer agitée (le fort courant de la Gironde) il a pu survivre et a été sauvé. Selon ses propres dires, il n’a pas été blessé et il a été en mesure de soutenir les opérations de sauvetage et a aidé à sauver des vies. Je sais que mon père a reçu la croix de fer (les deux classes). Il ne m’a jamais dit pour quelles actions il avait reçu les deux médailles. Je suppose qu’il a obtenu la deuxième classe avec beaucoup d’autres de son navire après le combat avec l’Athabaskan, et peut-être lui ont-ils donné la première classe pour ses efforts pour sauver des vies en Gironde après le naufrage du T24. 

Willi Küllertz


Je ne suis pas l’auteur de ce qui suit. 

La source est ci-dessous:

http://www.laroyale-modelisme.net/t17265-24-aout-1944-la-fin-du-z24-et-du-t24-devant-royan-et-le-verdon

Le récit de l’attaque, qui a eu lieu le 24 août 1944, est tout à fait remarquable et raconte la fin du T24, le navire du père de Willi Küllertz.


Les flottilles allemandes en Gironde

Bonjour à tous,
Je vais vous présenter une histoire vraie, dont mon père m’a parlé quand j’étais gamin et dont j’ai trouvé des traces dans les archives de mon grand-père. Il s’agit de faits historiques qui se sont déroulés dans l’estuaire de la Gironde et qui retracent quelques-uns des faits d’armes de la Kriegsmarine dans la région. Le texte est assez long et j’ai essayé de l’agrémenter de photos d’époques des différents navires prises sur les lieux.

Bonne lecture les amis

Les flottilles allemandes en Gironde :

Les premières flottilles arrivent en Gironde dès l’été 1940. Pendant quatre ans, placées sous l’autorité de la 4.Sicherungsdivision, ces flottilles vont être chargées d’assurer l’escorte des convois le long des côtes du Sud-Ouest et de veiller à la sécurité de l’estuaire de la Gironde.

La 2.M.Flotille du Korvettenkapitän Kurt Thoma arrive à la fin du mois d’août 1940 pour nettoyer l’estuaire infesté de mines. Le mois suivant arrive la 4.Vp.Flotille du K.Kpt. Karl Wilhelm Müssen qui sera affectée à Bordeaux.

En janvier 1943, la 2.M.Flotille sera transférée à Bénodet, puis est remplacée à Royan par la 8.M.Flotille du K. Kpt Gerhard von Kamptz. Au début du mois d’août, le port de Royan se voit attribuer la 2.Sperrbrecher-Flotille du K.Kpt Rudolf Kömer.

Au printemps 1942, la 8.M.Flotille quitte la Gironde pour rallier la Manche et est remplacée par la 6.M.Flotille du K.Kpt Hans John. Celle-ci, est rejoint en mars 1943 par la 28.M.Flotille, du K.Kpt Gerhard Bidlingmaier, qui s’installe à Pauillac. Enfin en juin, la 6.M.Flotille rejoint Concarneau et la 8.M.Flotille est de retour à Royan.

En 1944 ne restent donc en Gironde que les 8. et 28.M.Flotillen, la 2.Sperrbrecher-Flotille et la 4.Vp.Flotille, qui seront toutes anéanties en août par l’aviation alliée.

Petite revue des forces en présence dans l’estuaire durant la guerre:

La 2.Minensuchflottille
Cette flottille, constituée en Allemagne en 1936, est dotée de 13 bâtiments de la classe M35 ou M39.

La 4.Vorpostenbootsflottille
Constituée en Allemagne le 25 septembre 1939, cette flottille de patrouilleurs est dotée de 19 bâtiments codés du V404 à V411, du V413 au V415, du V420 au V422 ainsi que du V424.

La 2.Sperrbrecherflottille
Créée à Wessermünde en Allemagne le 1er juillet 1940, cette flottille est constituée de navires marchands adaptés pour le dragage des mines magnétiques. Elle aligne 18 bâtiments. Le Tulane fut un temps transformé en navire de commandement. Cette flottille, constituée en Allemagne en 1936, est dotée de 13 bâtiments de la classe M35 ou M39.

La 8.Minensuchflottille
Constituée le 14 mars 1941 à Kiel-Wik, cette flottille est affectée à Royan afin d’être utilisée dans des missions de dragage, de convoyage et de protection des navires en transit le long des côtes. Elle dispose de 14 bâtiments des types M35, 38, 39 et 40.

La 6.Minensuchflottille
Cette flottille, reconstituée le 15 mai 1942, est dotée de 14 bâtiments de la classe M39.

La 28.Minensuchflottille
Constituée le 1er décembre 1942, avec les équipages de l’ancienne 18.M-Flottille, cette flottille aligne 9 navires du type M40.

La 8.Zerstorerflottille
Au début de l’année 1943, les briseurs de blocus éprouvent de plus en plus de difficultés pour passer au travers des mailles du filet tendu par les anglo-saxons. Aussi, le haut-commandement décide-t-il de transférer en Gironde une flottille de destroyers afin de protéger leurs mouvements dans le dangereux golfe de Gascogne.

Choisie pour cette mission, la 8.Z.Flottille quitte la Norvège pour atteindre Le Havre le 6 mars après un court passage dans un port allemand. En deux étapes nocturnes, le Z23, le Z24 et le Z32 gagnent la Gironde qu’ils atteignent dans la matinée du 8 mars, après avoir passé la journée précédente à Cherbourg. Escortés dans l’estuaire par le Sperrbrecher 5 Schwanheim, ils arrivent finalement à Bordeaux à 8 h 00. Le Z37, resté au Havre pour avarie, rejoindra Royan dans la soirée du 19 mars en compagnie du T2.

Les destroyers effectuent alors plusieurs missions d’escortes, l’opération “Sacco” en protection du briseur de blocus Himalaya, ou l’opération “Arno” à la rencontre du Pietro Orseolo qui arrive d’Extrême-Orient. Le 3 mai, le Z23, le Z24 et le Z32 quittent la Gironde pour une série d’exercices dans le golfe. Au retour le 6 mai, le Z23 gagne La Pallice où il va rester en révision générale pendant quatre mois, jusqu’au 10 août. Les deux autres destroyers rentrent à Bordeaux. Une patrouille les mène jusqu’à Brest le 4 juin, mais ils sont de retour à Royan cinq jours plus tard. Le 14 juin, ils appareillent pour se porter à la rencontre de l’U-564 qui vient de lancer un appel de détresse. Mais le Z32 doit faire demi-tour sur ennuis mécaniques et le Z24 arrive trop tard, le sous-marin ayant été coulé par un Whitley de la No 10 OTU. Son équipage, recueilli par l’U-185, est transféré à bord du destroyer qui le conduit en Gironde.

Au début du mois suivant, le Z24 et le Z37 partent recueillir les U-180, U-518 et U-530 de retour d’opération. Ils les accompagnent jusqu’à Bordeaux le 3 juillet. Enfin le 22 juillet, le Z24, le Z32 et le Z37 escortent les U-117, U-459 et U-461 partants en opération.

Au cours des mois suivants, l’activité de la flottille va se résumer à quelque sorties dans la golfe de Gascogne pour effectuer des manœuvres et des exercices de tir et de torpillage. Le 5 novembre, la flottille est renforcée par les destroyers Z27 et ZH1, qui arrivent au Verdon dans la soirée. En décembre la flottille participe aussi à l’escorte des briseurs de blocus rentrant d’Extrême-Orient.

Le 1er janvier 1944, le Z24 est transféré à La Pallice pour y subir, au Kriegsmarinewerft, une profonde refonte qui va durer quatre mois. Le 29 janvier, trois destroyers appareillent pour une série d’exercices dans le golfe. Mais dans la nuit le Z32 entre violemment en collision avec le Z37 à la suite d’une fausse manœuvre, provoquant l’explosion d’une torpille à bord de ce dernier. Des incendies se déclarent sur les deux destroyers, mais ils sont maîtrisés. Gravement endommagé sur tribord arrière, le Z37 peut être remorqué par le Z23 jusqu’aux Chantiers de la Gironde, mais il restera indisponible jusqu’à ce qu’il soit finalement sabordé le 25 août. Le Z32, dont la proue est enfoncée, restera indisponible jusqu’au 2 mai. L’activité de la flottille sera relativement réduite jusqu’au débarquement.

Le 9 mars toutefois, le Z23 et le ZH1 appareillent pour se poster dans le sud du golfe de Gascogne à la rencontre du sous-marin japonais I-29 qu’ils escortent en compagnie des torpilleurs T27 et T29 jusqu’à Lorient.

Le 5 mai, la flottille est rejointe par le Z24, qui vient d’achever sa refonte.

Un dernier exercice est effectué dans le golfe par les quatre destroyers entre le 17 et le 19 mai, puis le Z23 gagne La Pallice pour y subir une nouvelle refonte.

Ainsi, ce n’est qu’avec trois destroyers que la 8.Z-Flottille, commandée par le Kpt.z.S Theodor Freiherr von Mauchenheim, va quitter la Gironde le 6 juin pour aller combattre la flotte d’invasion alliée. Seul le Z24 en reviendra, pour être coulé devant le Verdon le 24 août en compagnie du T24. Le Z23 de son côté, endommagé le 12 puis le 16 août par les bombardiers lourds britanniques visant le port de La Pallice, sera sabordé le 21 août.

Objectif : anéantissement des forces de surface

Dès le fin juillet 1944, les britanniques lancent sur les côtes du golfe de Gascogne une grande offensive (opération “Kinetic”) contre les derniers navires de la Kriegsmarine. Les redoutables chasseurs-bombardiers du Coastal Command ont fait leur apparition au dessus de l’estuaire et en un mois, ils vont provoquer une véritable hécatombe. Leur première victime est le dragueur auxiliaire M4457 ex-C.P. Andersen (423 BRT) qui est coulé le 28 juillet devant Hourtin. Au cours de la même attaque, le patrouilleur V410 est endommagé. Infestées de mines et continuellement survolées par les chasseurs bombardiers, les eaux de l’estuaire deviennent extrêmement dangereuses. Avec le mois d’août, la descente aux enfers pour les navires de la Kriegsmarine basés en Gironde va être rapide et irréversible.

La navigation devient de plus en plus difficile, gênée par les nombreuses mines magnétiques qui constituent une importante menace. Presque chaque nuit, une dizaine de Halifax du Bomber Command viennent les larguer dans l’estuaire. Les dragueurs lourds et les Sperrbrechers font leur possible pour déminer, mais la tâche est énorme. Le 11 août, deux dragueurs de la 8.M-Flottille quittent Bordeaux avec du ravitaillement pour la forteresse de Saint-Nazaire. Mais à 19h55 devant Pauillac, le M27 de l’ObIt.z.S. Christoph Schickel heurte une mine et coule. Le naufrage fait quarante-et-un morts, dont le K.Kpt. Arnuif Hoizerkopf, commandant la flottille. Endommagé le 17 août à 0h 20, le dragueur lourd M363 parvient à rentrer à Bordeaux. Le lendemain, le M304 est lui aussi endommagé. Le dragueur auxiliaire M4207 ex-Les Baleines (253 BRT) a par contre moins de chance. Il coule à 18h57 près de la bouée n° 35.

La principale menace, qui pèse sur la navigation en Gironde, vient du ciel. Dans la matinée du 12 août, trente-cinq Mosquitos des No 235 et 248 Squadrons s’en prennent aux navires évoluant à l’entrée de l’estuaire. Devant Royan, ils attaquent à la bombe et au canon un dragueur lourd et trois patrouilleurs. Sérieusement touché, le M370 doit s’échouer à 10h20.

Devant Le Verdon, le Sperrbrecher 5 Schwanheim n’est que légèrement endommagé à 10h30, mais ses heures sont comptées. Le patrouilleur V410 ex-Germania (427 BRT), incendié à 10h45, est abandonné par son équipage qui a deux tués. Les gros Sperrbrechers sont l’une des proies favorites des chasseurs-bombardiers.

 

404 Squadron Beaufighter
Bristol Beaufighter Mk X, NE255/EE-H, of No. 404 Squadron RCAF at RAF Davidstow Moor, Cornwall, UK 21 August 1944 Original B/W from DND Archives: PL-41049 (Colourised by Mark of Canadian Colour)

Dans la matinée du 13 août, à 9h30, dix-huit Beaufighters des No 236 et 404 Squadrons conduits par le W-Cdr A. Gadd surprennent le Sperrbrecher 5 Schwanheim (5339 BRT) et le Sperrbrecher 6 Magdeburg (6128 BRT) à l’ancre devant Royan.

Attaqués à la roquette et au canon, ils ripostent violement mais sont rapidement mis en feu. Ils couleront dans la matinée du lendemain. Les équipages ont subi de nombreuses pertes, dont treize morts sur le Schwanheim et huit sur le Magdeburg. Un appareil du No 236 Squadron a été abattu.

Le 14 août, les Mosquitos endommagent devant Le Verdon le Destroyer Z24, qui a été repéré l’avant-veille sans être attaqué, et le tanker Schwarzes Meer (3371 BRT). Sortant juste de réparation suite à l’engagement du 9 juin dernier en Bretagne, le destroyer reçoit cinq roquettes et une centaine d’obus qui provoquent encore de gros dégâts. Il doit retourner à Bordeaux pour de nouvelles réparations.

Le 21 août, après plusieurs jours de mauvais temps, les chasseurs-bombardiers sont de retour sur l’estuaire. A 17h30, les Mosquitos des No 235 et 248 Squadrons coulent le draguer lourd M292 et endommagent le patrouilleur V407. Trois jours plus tard, ils coulent devant Royan le patrouilleur V473 ex-Ferdinand Niedermeyer (286 BRT). Ce même 24 août, les Beaufighters obtiennent leur plus belle victoire en détruisant le destroyer Z24 du K.Kpt. Heinz Birnbacher et le torpilleur T24 du Kptlt. Wilhelm Meentzen devant le Verdon (je reviendrai sur cet épisode en partculier).

La dernière victime des chasseurs-bombardiers est le petit patrouilleur V411 ex-Saarland (435 BRT) qui est attaqué le 26 août à 17 h 30 devant Royan et coule à la suite de l’explosion de sa chaudière. Le lendemain, le V404 ex-Baden (321 BRT) et le M4206 ex-Picorre (287 BRT) sont sabordés à Royan. Les équipages rescapés de tous ces bâtiments détruits ou sabordés, notamment ceux des Sperrbrechers, vont former dans la Festung Gironde Nord, sous les ordres du F.Kpt. Fritz Drevin, le Marine-Bataillon Tirpitz qui sera intégré au dispositif défensif de la forteresse (On pourra parler de tout ça Laurent un de ces jours). Désormais, hormis les petits Hafenschutzboote, il ne reste plus un seul navire opérationnel dans l’estuaire, les derniers ayant été sabordés à Bordeaux. La Kriegsmarine anéantie a cessé de régner sur la Gironde.

Le 25 août, immédiatement après le départ des deux derniers U-Boote, le minage du port de Bordeaux est entrepris. Mais la destruction des installations portuaires exigée par l’OKW ne se fera pas. En effet, avec l’approbation du Gen.Lt. Albin Nake, le K.Kpt. Ernst Kûhnemann (Hafenkommandant) fait seulement procéder dans la journée au sabordage de nombreux navires dans la Garonne pour provoquer un embouteillage. Un barrage est ainsi mis en place à hauteur de Lagrange à une dizaine de kilomètres en aval de Bordeaux. En bloquant efficacement le port, il en interdira l’utilisation. Dix-huit navires, dont des anciens briseurs de blocus, y sont sabordés en trois groupes (groupe aval : cinq navires dont Osorno (6951 BRT), Eisa Essberger (6103 BRT), Usaramo (7775 BRT) et Scharlacheberger (2877 BRT); groupe central : six navires dont Himalaya (6240 BRT), Rastenburg (4479 BRT), Tannenfels (7840 BRT) et Stanasfalt (2 468 BRT); groupe amont : sept navires dont Fusijama (6 244 BRT), Nordmeer (5646 BRT) et Schwarzes Meer (3371 BRT)). À Bordeaux même, une vingtaine de navires sont coulés sur les quais ou au milieu de la Garonne, dont le Sperrbrecher 3 Belgrad, les dragueurs lourds M262, M304, M363 et M463 de la 28.M-Flottille, le dragueur auxiliaire M4442 ex-Touquet (251 BRT), le patrouilleur V407 ex-Dorum (470 BRT), le tender Nordsee , le tanker Frisia (953 BRT), les cargos Derindje (3063 BRT), Dresden (5567 BRT) et Merceditta (1162 BRT), et les chalutiers Brook (237 BRT) et Sardella (329 BRT). Vingt-deux autres navires sont sabordés à Bassens, dont dix-huit dragues et le pétrolier Burano (4450 BRT). Aux Forges et Chantiers de la Gironde, le Sperrbrecher 14 Bockenheim et le destroyer Z37 sont mis hors service, le dernier dans la grande forme de radoub. En tout, ce sont près de 200 bateaux représentant 170 000 BRT qui sont ainsi coulés intentionnellement. Enfin, les sous-marins U-178, U-188 et UIT-21 sont sabordés dans le U-Bunker (la base sous-marine de Bordeaux) dont toutes les installations intérieures sont dynamitées.

14 août 1944, le début de la fin du Z24 et du T24

La 8.Zerstörerflottille, placée sous le commandement du Kapitan zur See Freiherr Theodor von Mauchenheim Genannt Bechtolsheim, formée des Z24, Z32, ZH1 et du T24, est prise à partie le 9 juin 1944 au large de l’île de Batz, par la 10th Destroyer Flotilla du Captain B. Jones. Suite à cet engagement, le Z32 touché vient s’échouer sur l’île de Batz, le ZH1 sévèrement avarié se saborde et coule, alors que le Z24 et le T24 parviennent à rallier Brest. Le 1er juillet, le Z24 et le T24 quittent Brest pour Bordeaux sous le commandement du nouveau “pacha” de la 8.Zerstörerflottille, le Fregattenkapitan Ritter und Edier Herr George von Berger (ex Kdr du Z32), qui a transféré son état-major et son pavillon de chef de flottille sur le Z24.

Le 14 août au Verdon, le Z24 est attaqué par deux bimoteurs britanniques alors qu’il était en rade. Endommagé légèrement par des roquettes et ne pouvant être réparé sur place, il rejoint Bordeaux en compagnie du T24. Tous les deux sont alors amarrés près du hangar n°13 (Sperrwaffenlager).

Le 22 août, sous la pression des FFI, l’ordre d’évacuation de la base navale de Bordeaux est donné par le Konteradmiral (Ing) Cari Weber commandant la Kriegsmarinewerft. On commence alors à transborder un grand nombre de matériels, d’armes et de vivres sur le Z24 depuis les entrepôts voisins. Durant la manoeuvre quelques marins d’origine alsacienne désertent et rejoignent la résistance. D’ailleurs celle-ci ne reste pas inactive pour entraver le départ des Allemands, car en fin d’après-midi le hangar n°13, bourré d’explosif, saute. La résistance avait creusé un tunnel sous la rue voisine pour le miner. Suite à l’explosion, plusieurs soldats allemands trouvent la mort et de nombreux blessés sont évacués sur le Z24. Après le chargement effectué, le Korvettenkapitàn Birnbacher donne l’ordre d’appareiller et le Z24 se laisse dériver d’une centaine de mètres, sans utilisation des machines, en attendant le retour du Kommando de l’arsenal resté à terre pour saboter les installations restantes. De son côté le T24 du Kapitänleutnant Meentzen, toujours en réparation, n’est pas prêt et reste au port au milieu des épaves de navires que les Allemands viennent de couler pour pratiquer des obstructions.

Dans la matinée du 23 août, le Z24 appuyé en couverture sous-marine par deux U-Boote, le U-219 et le U-437, rejoint Le Verdon. Le U-219, du type XB équipé d’un Schnorchel, est placé sous les ordres du Korvettekapitän Walter Burghagen et appartient à la 12.U-Boot-Flottille de Bordeaux. Il rejoindra Djakarta en août 1945. Le U-437, du type VIIC, est commandé par le Kapitänleutnant Hermann Lamby et appartient à la 6.U-Boot-Flottille de Saint-Nazaire. Ce dernier rejoindra Bergen le 21 septembre 1944.

Le Z24 escorté par les U-Boote atteint enfin la rade du Verdon dans la soirée du 23, mais il ne tient plus sur son ancre et doit laisser tourner ses machines pour compenser le flot, car il ne faut pas se faire surprendre par une éventuelle attaque aérienne. De son côté le T24, qui peut enfin prendre la mer dans l’après-midi du 24 août, le rejoint sur rade et se poste à 400 mètres du Z24, alors que les U-Boote reposent en plongée peu profonde à proximité. Vers 19h, le branle bas de combat est ordonné car des Beaufighter du Wing de Davidstow Moor arrivent par l’Est. Ces chasseurs bombardiers, appartenant au Coastal Command, sont spécialisés dans l’attaque des unités de surface. En fait deux escadrilles conduites par le Squadron Leader E.W Tacon vont engager les deux navires de surface, avec dix appareils du N°236 Squadron et huit appareils du N°404 Squadron. Les Beaufighter plongent alors sur les deux bâtiments. Le T24 est le premier à faire face à l’assaut. Au même moment où la Flak des navires se déchaîne, les assaillants déversent une pluie de roquettes de 25 livres et des obus de 20 mm. En quelques minutes le Z24 et le T24 sont encadrés par une nuée de mitraille venue des airs.

Le T24 et le Z24

Le T24 est alors sévèrement touché et le Z24, quoique moins atteint, reçoit des coups au but suffisants pour lui porter des dommages mortels.

Z-24

De son côté la Flak des navires, ayant essayé de s’opposer à l’attaque, n’a pu ajuster son tir sous la pression des dix huit Beaufighter. Peu après, le T24 brûle et commence à couler suite aux brèches pratiquées sous sa ligne de flottaison par les roquettes de 25 livres.

Les bateaux de la Hafenschûtzflottille Gironde, ancrés au port bloc sous la direction du Kapitänleutnant Otto Wild, sont alors rapidement dépêchés sur place et recueillent l’équipage du T24, dont le Kapitänleutnant Wilhelm Meentzen. Le T24 ne déplorera que dix huit morts ou disparus.

De son côté, le Korvettenkapitàn Heinz Birnbacher juge les avaries subies par son bâtiment, qui est lui aussi sévèrement touché. Deux possibilités s’offrent alors à lui, soit le navire s’échoue sur un banc de sable, soit il rejoint le môle d’escale proche. C’est cette dernière solution qui sera adoptée. Le Z24 vient alors s’affaler le long du môle et l’équipage évacue le bord avec ses trente blessés. Les grues, installées le long du quai, se mettent à l’ouvrage, le matériel indispensable et les pièces de Flak de 2 cm et de 3,7 cm sont débarquées dans l’urgence, car le Z24 se couche lentement mais dangereusement sur tribord, étrave vers le large. Vers minuit, une partie de l’équipage étant encore occupé à bord, de nouvelles explosions provenant de la salle des machines retentissent. Le Z24 chavire en rompant ses amarres le reliant au môle. Alors qu’il se redresse lentement, les marins restés sur place grimpent dans les superstructures mais la place se rétrécit. Les hommes sautent alors dans la Gironde. Une nouvelle fois les navires de la Hafenschûtzflottille Gironde sont mis à contribution pour repêcher le personnel. Des ceintures de sauvetage et des bouées sont alors lancées, mais bon nombre de matelots sont emportés par le courant qui est très fort à cet endroit et il est impossible de nager contre lui. Beaucoup de marins sont malheureusement empêtrés dans les filets anti-torpilles avant d’avoir pu être repêchés. À une heure du matin le 25 août, le Z24 est englouti par les flots et deux marins, qui n’ont pu quitter le bord, sombrent avec lui.

Pendant toute la nuit, les deux équipages mis à terre sont regroupés dans le hall de la gare maritime avant d’être hébergés chez l’habitant. Le lendemain, une partie des cadres techniques (officiers et sous-officiers mécaniciens) doit être envoyée à Blaye afin de rejoindre les unités terrestres retraitant vers le Nord depuis la région bordelaise. Mais la liaison s’avérant irréalisable, ils resteront sur place.

Le 27 août, sur ordre du Kapitän zur See Hans Michahelles (Seekommandant Gascogne), est formé au Verdon le See-Bataillon-Narvik avec les membres d’équipage des ex Z24 et T24, ainsi qu’une partie de l’état-major de la 8.Zerstörerflottille, afin d’étoffer les forces allemandes de la pointe de Grave, manquant jusqu’à maintenant cruellement de combattants.

Le Fregattenkapitän Ritter un Edler Herr George von Berger prend le poste de chef d’état-major de la forteresse. De son côté le Korvettekapitän Karl Heinz Birnbacher prend en mains la destinée du Marine-Battaillon-Narvik en compagnie du Kapitänleutnant Wilhelm Meenzen et du Kapitänleutnant Brehnke. Cette unité, forte de deux compagnies d’infanterie, est affectée dans les points d’appuis légers de la ligne des avants postes et se battra avec l’énergie du désespoir contre les forces françaises de la Brigade Médoc.

 

A German Sailor’s Story – Chapter Four: August 24, 1944, the end of the Z24 and T24

T24 in the foreground

This is the continuation of the story of a German sailor as told by his son Willi. His father Wilhelm Küllertz did not talk much about the attack of the Beaufighters who sank the T24 torpedo boat so I went on the Internet to find more information… which I did!

In the estuary of the Gironde, both ships appeared together several times. Because of fuel scarcity and unrepaired damage from different attacks since April 29, 1944, both ships were used to protect against air raids on Royan and Le Verdon region as floating anti-aircraft ships. After the evacuation of Bordeaux in the August 1944, the fortresses of Gironde-North (Royan) and of Gironde-South (Le Verdon) were formed.

On 24 August, 1944, the T24 and the Z24 lay again on stand by in the Gironde estuary. They suffered another serious air strike from two squadrons of Coastal Command, RCAF 404 Squadron, and RAF 236 Squadron. The ships were attacked by a total of 18 Beaufighter combat aircraft. This was one of the first rocket attacks in history.

During this battle T24 received some hits below the waterline and sank immediately. Z24 was still able to reach Le Verdon but later in the night also sank. There were many dead and injured. However the harbour protection flotilla was able to save most of the seamen. Wilhelm Küllertz survived the attack without any major injuries and he was able to escape the sinking boat in time. Despite the rough sea (the strong current of the Gironde) he was able to survive and was saved. According to his own accounts, he was unharmed and he was able to support the rescue work and he helped to save lives. I know that my father got awarded the iron cross (both classes). He never told me for what actions he received the two classes. My guess is that he got the second class with many others of his ship after the fight with the Athabaskan, and possibly they gave him the first class for his efforts to save lives in the Gironde after the sinking of the T24.

Willi Küllertz

Note:

I am not the author of the following story originally written in French.

The source is here:

http://www.laroyale-modelisme.net/t17265-24-aout-1944-la-fin-du-z24-et-du-t24-devant-royan-et-le-verdon

The story of the attack which occured on August 24, 1944 is quite remarkable, and described the sinking of the T24, the ship of Willi Küllertz’s father.

German fleets in Gironde

Hello everyone,

I’m going to present you with a true story, which my father told me when I was a kid and of which I found traces in my grandfather’s archives. These are historical facts that took place in the Gironde estuary and retrace some of the Kriegsmarine’s feats of arms in the region. The text is quite long and I tried to decorate it with pictures from different periods of the different ships taken on site.

German fleets in Gironde:

The first fleets arrived in Gironde in the summer of 1940. For four years, under the authority of the 4. Sicherungsdivision, these fleets were responsible for escorting convoys along the southwest coast and ensuring the safety of the Gironde estuary.

2. M. Flotille of Korvettenkapitän Kurt Thoma arrived at the end of August 1940 to clear the minefields. The following month came the 4.Vp.Flotilla of K.Kpt. Karl Wilhelm Müssen which was based in Bordeaux. In January 1943, the 2.M.Flotille was transferred to Bénodet, then replaced in Royan by the 8.M.Flotille of K. Kpt Gerhard von Kamptz.

At the beginning of August, the port of Royan was home to the 2. Sperrbrecher-Flotille of K. Kpt Rudolf Kömer. In the spring of 1942, the 8.M.Flotille left the Gironde to join the English Channel and was replaced by the 6.M.Flotille of the K.Kpt Hans John. This one, was joined in March 1943 by the 28.M.Flotille, of the K.Kpt Gerhard Bidlingmaier, which was based in Pauillac. Finally in June, the 6.M.Flotille joined Concarneau and the 8.M.Flotille returned to Royan. In 1944, only the 8. and 28.

The 2 M. Flotillen, the Sperrbrecher-Flotille and the 4.

Vp. Flotille remained in Gironde, all of which were destroyed in August by Allied aircraft.

Vorpostenboots flottille

This patrol fleet, incorporated in Germany on 25 September 1939, is equipped with 19 coded vessels from V404 to V411, V413 to V415, V420 to V422 and V424.

2. Sperrbrecher flottille

This fleet, established in Wessermünde, Germany on 1 July 1940, consists of merchant ships adapted for the dredging of magnetic mines. It lines up 18 buildings. The Tulane was once transformed into a command ship; this fleet, formed in Germany in 1936, has 13 M35 or M39 class vessels.

8. Minensuchflottille

This fleet was formed on March 14, 1941 in Kiel-Wik, and is assigned to Royan for use in dredging, convoying and protection missions for ships in transit along the coast. It has 14 vessels of types M35, 38, 39 and 40.

6. Minensuchflottille

This fleet, reconstituted on May 15, 1942, has 14 vessels of class M39.

28. Minensuchflottille

Constituted on December 1, 1942, with the crews of the former 18. M-Flottille, this fleet has 9 vessels of type M40.

The 8. Zerstorer flotilla

At the beginning of 1943, blockade breakers had increasing difficulty falling through the mesh of the net set by the Anglo-Saxons. The High Command therefore decided to transfer a fleet of destroyers to Gironde in order to protect their movements in the dangerous Bay of Biscay.

Chosen for this mission, the 8.Z. Flotilla left Norway to reach Le Havre on March 6 after a short visit to a German port. In two night stages, the Z23, Z24 and Z32 reach the Gironde, which they reach on the morning of 8 March, after having spent the previous day in Cherbourg. Escorted to the estuary by the Sperrbrecher 5 Schwanheim, they finally arrived in Bordeaux at 8:00 am. The Z37, which remained in Le Havre for damage, will join Royan on the evening of 19 March with the T2.

The destroyers then carried out several escort missions, Operation Sacco to protect the Himalayan blockade breaker, or Operation Arno to meet the Pietro Orseolo arriving from the Far East. On May 3, the Z23, Z24 and Z32 left the Gironde for a series of exercises in the Gulf. On its return on May 6, the Z23 reached La Pallice where it will remain in general overhaul for four months, until August 10. The other two destroyers are returning to Bordeaux. A patrol took them to Brest on June 4, but they returned to Royan five days later. On June 14, they set sail to meet U-564, which had just issued a distress call. But the Z32 had to turn around on mechanical problems and the Z24 arrived too late, the submarine having been sunk by a Whitley of the No. 10 OTU. His crew, rescued by U-185, was transferred to the destroyer that took him to Gironde.

At the beginning of the following month, the Z24 and Z37 left to collect the U-180, U-518 and U-530 returning from operations. They accompanied them to Bordeaux on July 3. Finally, on July 22nd, the Z24, Z32 and Z37 escorted the U-117, U-459 and U-461 departing in operation. In the following months, the fleet’s activity will consist of a few trips to the Bay of Biscay to carry out manoeuvres and firing and torpedoing exercises. On November 5, the fleet was reinforced by the destroyers Z27 and ZH1, which arrived at Le Verdon in the evening. In December the fleet also participates in the escort of blockade breakers returning from the Far East.

On 1 January 1944, the Z24 was transferred to La Pallice to undergo a major overhaul at the Kriegsmarinewerft, which would last four months. On January 29, three destroyers set sail for a series of exercises in the Gulf. But in the night the Z32 violently collided with the Z37 following a false manoeuvre, causing a torpedo to explode aboard the latter. Fires broke out on both destroyers, but they were brought under control. Severely damaged on starboard aft, the Z37 can be towed by the Z23 to the Chantiers de la Gironde, but it will remain unavailable until it is finally scuttled on 25 August. The Z32, with its bow down, will remain unavailable until May 2. Fleet activity will be relatively limited until landing.

However, on March 9, the Z23 and ZH1 departed for the southern Bay of Biscay to meet the Japanese submarine I-29, which they escorted with the T27 and T29 torpedo boats to Lorient.

On May 5, the fleet was joined by the Z24, which had just completed its overhaul.

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A final exercise was conducted in the Gulf by the four destroyers between May 17 and 19, then the Z23 moved to La Pallice for a new overhaul.

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Thus, it was only with three destroyers that the 8.Z-Flottille, commanded by the Kpt.z.S Theodor Freiherr von Mauchenheim, left the Gironde on June 6 to fight the Allied invasion fleet. Only the Z24 will return from there, to be sunk in front of the Verdon on August 24th in the company of the T24. The Z23, damaged on 12 and 16 August by British heavy bombers targeting the port of La Pallice, will be scuttled on 21 August.

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Objective: annihilation of surface forces

At the end of July 1944, the British launched a major offensive (Operation “Kinetic”) against the last ships of the Kriegsmarine on the Bay of Biscay coast. The formidable fighter-bombers of Coastal Command have appeared above the estuary and in one month, they will cause a real slaughter. Their first victim was the auxiliary dredger M4457 ex-C.P. Andersen (423 BRT) which was sunk on 28 July in front of Hourtin. During the same attack, the V410 patrol boat was damaged. Infested with mines and continuously overflown by fighter bombers, the waters of the estuary become extremely dangerous. With the month of August, the descent into hell for the Kriegsmarine’s ships based in Gironde will be fast and irreversible.

Navigation is becoming increasingly difficult, hampered by the many magnetic mines that pose a significant threat. Almost every night, a dozen Halifax from Bomber Command come to drop them off in the estuary. Heavy dredgers and Sperrbrechers do their best to clear mines, but the task is enormous. On August 11, two dredgers from the 8.M-Flottille left Bordeaux with supplies for the fortress of Saint-Nazaire. But at 7:55 pm in front of Pauillac, the M27 of the ObIt.z.S. Christoph Schickel hit a mine and sank. The shipwreck caused forty-one deaths, including the K.Kpt. Arnuif Hoizerkopf, Commander of the flotilla. Damaged on August 17 at 12:20 am, the M363 heavy dredger managed to return to Bordeaux. The next day, the M304 was also damaged. The auxiliary dredger M4207 ex-Les Baleines (253 BRT) is less fortunate. It sank at 18:57 near buoy No. 35, and the main threat to shipping in Gironde came from the sky. On the morning of August 12, thirty-five Mosquitos of No. 235 and 248 Squadrons attacked ships operating at the entrance to the estuary. In front of Royan, they attacked with a bomb and cannon a heavy dragger and three patrol boats. Seriously hit, the M370 must ground at 10:20.

In front of Le Verdon, the Sperrbrecher 5 Schwanheim is only slightly damaged at 10:30 am, but its hours are limited. The patrol boat V410 ex-Germania (427 BRT), burned at 10:45 am, was abandoned by its crew who killed two people. The large Sperrbrechers are one of the favourite prey of hunter-bombers.

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404 Squadron Beaufighter
Bristol Beaufighter Mk X, NE255/EE-H, of No. 404 Squadron RCAF at RAF Davidstow Moor, Cornwall, UK 21 August 1944 Original B/W from DND Archives: PL-41049 (Colourised by Mark of Canadian Colour)

On the morning of August 13, at 9:30 am, eighteen Beaufighters from No. 236 and 404 Squadrons led by W-Cdr A. Gadd surprised the Sperrbrecher 5 Schwanheim (5339 BRT) and the Sperrbrecher 6 Magdeburg (6128 BRT) at anchor in front of Royan.

Attacked by rocket and cannon, they retaliated violently but were quickly set on fire. They will sink in the morning of the next day. The crews suffered many casualties, including thirteen deaths on the Schwanheim and eight on the Magdeburg. An aircraft from No. 236 Squadron was shot down.

On August 14, the Mosquitos damaged the Destroyer Z24, which had been spotted the day before without being attacked, and the tanker Schwarzes Meer (3371 BRT) in front of Le Verdon. Just out of repair following the June 9 engagement in Brittany, the destroyer received five rockets and a hundred shells that still caused major damage.

On August 21, after several days of bad weather, the fighter-bombers returned to the estuary. At 5:30 pm, the Mosquitos of No. 235 and 248 Squadrons sank the heavy dredger M292 and damaged the patrol boat V407. Three days later, they sank in front of Royan the patrol boat V473 ex-Ferdinand Niedermeyer (286 BRT). On the same day, August 24, the Beaufighters obtained their greatest victory by destroying the K.Kpt Z24 destroyer. Heinz Birnbacher and the Kptlt’s T24 torpedo boat. Wilhelm Meentzen in front of the Verdon (I will come back to this episode in partculier)

The last victim of the fighter-bombers is the small patrol boat V411 ex-Saarland (435 BRT) which was attacked on 26 August at 17 h 30 in front of Royan and sank following the explosion of his boiler. The next day, the V404 ex-Baden (321 BRT) and the M4206 ex-Picorre (287 BRT) were scuttled at Royan. The surviving crews of all these destroyed or scuttled buildings, especially those of the Sperrbrechers, will train in the Festung Gironde Nord, under the orders of the F.Kpt. Fritz Drevin, the Marine-Battalion Tirpitz, which will be integrated into the fortress’ defensive system (we can talk about all this one of these days, Laurent). From now on, apart from the small Hafenschutzbootts, there is not a single operational ship left in the estuary, the last of which were scuttled in Bordeaux. The destroyed Kriegsmarine has ceased to rule the Gironde.

On August 25, immediately after the departure of the last two U-Boote, the mining of the port of Bordeaux was undertaken. But the destruction of port facilities required by OKW will not happen. Indeed, with the approval of Gen. Lt. Albin Nake, the K. Kpt. Ernst Kûhnemann (Hafenkommandant) only had many ships scuttled in the Garonne during the day to cause a traffic jam. A dam has been set up at Lagrange, about ten kilometres downstream of Bordeaux. By effectively blocking the port, it will prohibit its use. Eighteen vessels, including former blockade breakers, were scuttled in three groups (downstream group: five vessels including Osorno (6951 BRT), Eisa Essberger (6103 BRT), Usaramo (7775 BRT) and Scharlacheberger (2877 BRT); central group : six vessels including Himalaya (6240 BRT), Rastenburg (4479 BRT), Tannenfels (7840 BRT) and Stanasfalt (2 468 BRT); upstream group: seven vessels including Fusijama (6 244 BRT), Nordmeer (5646 BRT) and Schwarzes Meer (3371 BRT). In Bordeaux itself, some twenty ships are sunk on the quays or in the middle of the Garonne, including the Sperrbrecher 3 Belgrad, the heavy dredgers M262, M304, M363 and M463 on the 28.M-Flottille, the auxiliary dredger M4442 ex-Touquet (251 BRT), the patrol boat V407 ex-Dorum (470 BRT), the tender Nordsee, the tanker Frisia (953 BRT), the cargo ships Derindje (3063 BRT), Dresden (5567 BRT) and Merceditta (1162 BRT), and the trawlers Brook (237 BRT) and Sardella (329 BRT). Twenty-two other ships were scuttled at Bassens, including eighteen dredges and the Burano tanker (4450 BRT). At the Forges et Chantiers de la Gironde, the Sperrbrecher 14 Bockenheim and the destroyer Z37 are out of service, the last one in the major refit form. In all, nearly 200 boats representing 170,000 BRTs were intentionally sunk. Finally, the submarines U-178, U-188 and ITU-21 were scuttled in the U-Bunker (the Bordeaux submarine base), all of whose interior installations were dynamited.

August 14, 1944, the beginning of the end of Z24 and T24

T24 in the foreground

La 8. Zerstörer flotilla, placed under the command of the Kapitan zur See Freiherr Theodor von Mauchenheim Genannt Bechtolsheim, formed by Z24, Z32, ZH1 and T24, was attacked on June 9, 1944 off Batz Island, by the 10th Destroyer Flotilla of Captain B. Jones. As a result of this engagement, the affected Z32 ran aground on the island of Batz, the severely damaged ZH1 sank and sank, while the Z24 and 724 managed to reach Brest.

On July 1, the Z24 and T24 left Brest for Bordeaux under the command of the new “pacha” of the 8. Zerstörer flotilla, the Fregattenkapitan Ritter und Edier Herr George von Berger (ex Kdr of the Z32), who had transferred his staff and fleet leader flag to the Z24.

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On August 14 in Verdon, the Z24 was attacked by two British twin engines while it was in hiding. Slightly damaged by rockets and unable to be repaired on site, it reached Bordeaux with the T24. Both were then moored near hangar No. 13 (Sperrwaffenlager).

On August 22, under pressure from the FFI, the order to evacuate the Bordeaux naval base was given by Konteradmiral (Ing) Cari Weber, commander of the Kriegsmarinewerft. A large number of materials, weapons and food were then transferred to the Z24 from neighbouring warehouses. During the manoeuvre, some sailors of Alsatian origin left and joined the resistance. Moreover, it did not remain inactive to hinder the departure of the Germans, because at the end of the afternoon hangar n°13, full of explosives, jumped. The resistance had dug a tunnel under the nearby street to mine it. As a result of the explosion, several German soldiers were killed and many wounded were evacuated to the Z24. After loading, the Korvettenkapitàn Birnbacher gave the order to sail and the Z24 was allowed to drift about a hundred metres, without using the machines, until the Kommando returned from the arsenal that had remained on land to sabotage the remaining installations.

For its part, the T24 of the Kapitänleutnant Meentzen, still under repair, is not ready and remains in port amidst the shipwrecks that the Germans have just sunk to obstruct.

On the morning of August 23rd, the Z24, supported by two U-boats, the U-219 and the U-437, joined Le Verdon. The U-219, of the XB type equipped with a Schnorchel, is placed under the command of the Korvettekapitän Walter Burghagen and belongs to the 12.U-Boot-Flottille de Bordeaux. He joined Jakarta in August 1945. The U-437, type VIIC, is commanded by the Kapitänleutnant Hermann Lamby and belongs to the 6.U-Boot-Flottille of Saint-Nazaire. He will return to Bergen on 21 September 1944.

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The Z24 escorted by the U-boats finally reached the Verdon harbour on the evening of the 23rd, but it no longer held on its anchor and had to let its machines run to compensate for the flow, because it was not necessary to be surprised by a possible air attack. For its part, the T24, which can finally go to sea in the afternoon of 24 August, joins it in the harbour and stands 400 metres from the Z24, while the U-Boote rest in shallow water nearby. At around 7pm, the fighting was ordered as Beaufighters from Davidstow Moor’s Wing arrived from the East. These fighter bombers, belonging to Coastal Command, are specialized in attacking surface units. In fact, two squadrons led by the Squadron Leader E.W Tacon will engage the two surface ships, with ten aircraft from N°236 Squadron and eight aircraft from N°404 Squadron. The Beaufighters then dived on both buildings. The T24 is the first to face the assault. At the same time as the ships’ Flak was unleashed, the attackers poured a 25-pound rocket rain and 20 mm shells. In a few minutes the Z24 and T24 were surrounded by a cloud of machine-gun fire from the air.

The T24 was then severely hit and the Z24, although less hit, received enough hits on goal to cause fatal damage.

For its part, the Flak of the ships, having tried to oppose the attack, could not adjust its fire under the pressure of the eighteen Beaufighters. Shortly thereafter, the T24 burned and began to sink following breaches below its waterline by the 25-pound rockets.

T24 on fire

The ships of the Hafenschûtz flottille Gironde, anchored in the block port under the direction of the Kapitänleutnant Otto Wild, were then quickly dispatched to the site and collected the crew of the T24, including the Kapitänleutnant Wilhelm Meentzen.

The T24 will only deplore eighteen dead or missing, while the Korvettenkapitàn Heinz Birnbacher judges the damage suffered by its ship, which is also severely affected. Two possibilities were then offered to him, either the ship ran aground on a sandbank or he joined the nearby port of call. It is the latter solution that will be adopted. The Z24 then collapsed along the breakwater and the crew evacuated the ship with their thirty wounded. The cranes, installed along the quayside, set to work, the essential equipment and the 2 cm and 3.7 cm Flak parts were unloaded in a hurry, as the Z24 slowly but dangerously lay down on the starboard side, bowing towards the sea. At about midnight, with some of the crew still on board, further explosions from the engine room sounded. The Z24 capsized by breaking its mooring lines connecting it to the breakwater. As he slowly straightened up, the sailors left behind climbed into the superstructures but the place shrank. The men then jumped into the Gironde. Once again, the ships of the Hafenschûtzflottille Gironde were called upon to rescue the personnel. Life belts and buoys were then thrown, but many sailors were swept away by the strong current at this location and it was impossible to swim against it. Unfortunately, many sailors are entangled in anti-torpedo nets before they can be recovered. At one o’clock in the morning on August 25, the Z24 was engulfed by the waves and two sailors, who could not leave the shore, sank with it.

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Throughout the night, the two grounded crews were grouped together in the hall of the ferry terminal before being housed with the inhabitants. The next day, some of the technical cadres (officers and mechanics non-commissioned officers) were to be sent to Blaye to join the ground units retreating north from the Bordeaux region. But as the liaison proved impossible, they would remain in place.

On 27 August, on the orders of Kapitän zur See Hans Michahelles (Seekommandant Gascony), See-Battalion-Narvik was formed at Verdon with the crew members of the former Z24 and T24, as well as part of the staff of the 8.The Fregattenkapitän Ritter, an Edler Herr George von Berger, took over the position of Chief of Staff of the fortress. For his part, Korvettekapitän Karl Heinz Birnbacher took over the destiny of the Marine-Battaillon-Narvik with Kapitänleutnant Wilhelm Meenzen and Kapitänleutnant Brehnke. This unit, with two infantry companies, was assigned to the light support points of the forward line and fought with the energy of despair against the French forces of the Médoc Brigade.